Une Toulousaine dans un écrin vert

L’extérieur de cette maison a récemment été aménagé pour la placer dans un écrin de verdure, exotique et apaisant.

Située dans la campagne de l’Ouest toulousain, cette bâtisse ressemble à une véritable Toulousaine. Pourtant, elle date seulement des années 2000. Nathalie et Christophe en sont les heureux propriétaires, avec leurs deux ados. Chez eux, on est attirés par l’extérieur, accessible depuis la baie vitrée de la pièce principale. C’est en effet lui qui a subi le dernier coup de lifting, pour plonger dans une petite parenthèse verdoyante.

Exposition sud-ouest
Cet écrin de verdure, exposé au sud-ouest, a été aménagé par la paysagiste designer Marie-Pierre Vialade, de l’Atelier Vert Jardin. Les propriétaires avaient déjà installé une première terrasse en ipé, une essence de bois exotique, que Christophe avait posée lui-même en 2008. À l’automne 2015, ils ont fait construire une piscine et en 2016, Marie-Pierre Vialade s’est chargée du reste.

Elle a repensé tout l’espace en aménageant une nouvelle terrasse autour de la piscine, composée de lames de bois cumaru et d’une rangée de dalles de béton ciré. Grises et fabriquées sur-mesure, elles proviennent de l’entreprise Rouvière. « Allier le bois et le béton ciré permet de donner un côté épuré, de casser la ligne d’horizon et de mettre en valeur les végétaux situés derrière », détaille la paysagiste. Que ce soit installé sur les transats Grofillex blanc irisé ou dans un des poufs Jumbo Bag, on y souhaite ardemment le retour des beaux jours.

Une séparation
Elle a ensuite choisi de désolidariser les deux terrasses en créant une partie gravillonnée, de couleur ocre clair – en harmonie avec les tons de la maison. Elle a ajouté le long du cheminement des dalles arrondies, en pierre naturelle, du grès d’Inde. « J’ai joué dessus pour adoucir la jonction entre les deux espaces. » Ont également été positionnés des bancs, composés de boisseaux et de poutres en bois, ainsi que de grands bacs, toujours en cumaru, accueillant une végétation luxuriante.
Tout en mettant en valeur le séquoia et l’érable existants, la paysagiste a marié un panel de végétaux rustiques et résistants : oliviers, lauriers rose, cordilines, formium, euphorbe, ibiscus, anémones… « Le but était de donner un côté exotique au jardin. » La vigne vierge, déjà présente depuis longtemps, complète le tableau en recouvrant la maison.

Du volume
La maison justement s’étend sur un terrain de 2000 m2, avec une emprise au sol de 110 m2 et 60 m2 à l’étage. Aidés par une amie architecte pour préparer les plans, Nathalie et Christophe ont eux-mêmes coordonné le chantier auprès des artisans. Toute la famille a mis la main à la pate pour l’aménagement : pose des menuiseries, du plancher de la mezzanine, du carrelage…


« La construction date de 1998 mais nous l’avons voulue dans le style d’une Toulousaine d’époque, explique Nathalie. Nous en cherchions une à rénover, alors nous sommes restés dans cet esprit, mais sans les contraintes : nous avons tout éclaté à l’intérieur pour donner du volume. »
En rentrant dans la maison, c’est en effet l’espace qui frappe. On y retrouve tous les codes de la Toulousaine. Briques et bois sont bien présents dans l’ossature. D’autres petites touches ont été rajoutées : les vieilles poutres en bois massif soutenant la mezzanine achetées chez un brocanteur en matériaux, des briquettes de parement, des éléments de récupération…

Classique et moderne
La bâtisse marie du classique et des meubles plus modernes. Dans l’entrée, le ton rustique est donné. Deux portes d’armoire récupérées sur des meubles de famille ont été intégrées dans le placard qui fait office de vestiaire. Le miroir provient lui d’une porte d’armoire seulement dégondée et accrochée au mur.
Le bas est dédié à la partie jour ; le haut à la nuit, avec trois chambres, la salle d’eau des enfants et une mezzanine. En bas, on trouve un bureau, la salle de bain des parents et le dressing. Parquet en haut, carrelage en bas.
« L’idée était d’avoir du volume, détaille Nathalie. J’avais envie d’une grande pièce à vivre de 60 m2, avec des espaces différents où tout le monde peut se retrouver, tout en faisant des activités variées. »

Une nouvelle cuisine
La cuisine ouverte a été refaite en 2012, par l’enseigne Arthur Bonnet. L’ancienne, d’inspiration provençale, a fait place à un esprit plus contemporain, tout en blanc et gris, et à plus d’espace. Un mur technique abrite four, micro-onde et placards à épicerie tandis que le frigo se trouve dans le vaste cellier communiquant.
Un îlot moderne s’impose, servant à la fois de plan de travail et de table à manger avec ses quatre tabourets. Dans un faux plafond ont été intégrés une hotte moderne et des spots en leds.
Côté salle à manger, la grande table de ferme, fabriquée par un menuisier revelois, est parfaite pour la réception des amis ou de la famille.
En face, dans le salon, trône une cheminée construite en brique traditionnelle, qui monte jusqu’à 6 mètres sous le très haut plafond. Dans cette pièce, la déco est variée. Se côtoient le meuble télé lui aussi en briquettes, une table basse en béton ciré, des coussins aux formes géométriques sur un canapé gris, des tableaux colorés d’une amie peintre, associant peinture et photographie.

En haut de l’escalier
L’escalier en fer, associé à des tubes en inox, est l’œuvre de la ferronnerie Sanchez, basée à Cugnaux. Le garde-corps suit la mezzanine. À l’étage, cette dernière s’étend sur un plancher en bois : l’ancienne salle de jeux est en train d’être réhabilitée en petit salon ou espace d’accueil pour les amis. Sur le palier, des photos en noir et blanc de « reflets » de Toulouse sont l’œuvre d’un ami passionné de photographie, Olivier Cazes, mises en valeur par un cadre composé de morceaux de palettes.
La première chambre, celle des parents, est sous pente avec une petite fenêtre arrondie qui donne sur le jardin. La seconde est occupée par leur fils ; celle de leur fille est très lumineuse, et à l’image d’une jeune ado passionnée de déco. « Elle s’en occupe elle-même, assure Nathalie, et fabrique ses propres tableaux. » Avec un coin coiffeuse, un bureau et même un canapé, l’espace est propice pour les révisions… ou pour recevoir des amies.

Un véritable hublot
La salle d’eau des enfants est atypique : on se croirait dans une cabine de bateau ! Elle comporte un véritable hublot. « Il vient d’un brocanteur de Floride qui l’a récupéré sur un bateau de guerre américain coulé pendant la Seconde Guerre Mondiale », détaille Christophe, qui l’a déniché sur internet. En bronze, il pèse 50 kilos. C’est devenu un miroir original qui traverse deux cloisons (autant que l’épaisseur d’une coque de bateau). Pour aller jusqu’au bout de son concept, Christophe a posé au sol un plancher en merbau massif, rappelant… un pont de bateau. Un petit clin d’œil au voyage exotique proposé par le jardin.

Photos : Mélanie Moncassin

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