Le noble métier de Laure Bénard

Ennoblisseur textile, vous connaissez ? On vous dit tout !

Pour devenir « ennoblisseur textile », elle a suivi un parcours atypique
– entre Paris et le Pays du Soleil Levant – avant d’exercer ce métier très rare, dans le Sud-Ouest.

« En France, on appelle mon métier peintre décorateur sur tissu, moi je préfère parler d’ennoblisseur textile », pose Laure Bénard, qui a installé son atelier en région toulousaine en 2017. On en recense moins d’une dizaine dans le pays. L’ennoblissement textile est tout acte qui va transformer la matière. Plusieurs spécificités existent : la teinture (coloration), la broderie ou le traitement de surface (sérigraphie…). « Il ne s’agit pas de création de tissu mais d’intervention pour le transformer », résume la créatrice, qui a choisi de travailler la teinture appliquée au pinceau.

Des matières naturelles

Elle se fournit en tissu en France et pour sa teinture, elle emploie « des colorants de synthèse (avec un principe de base de couleurs primaires qu’elle mélange pour créer ses propres nuanciers, NDLR) ou bien des pigments naturels (des terres, des ocres, des oxydes) qui donnent la coloration ».

Des effets texturés

Laure Bénard ne crée pas de « collection » mais plutôt des échantillons qui définissent des pistes de travail, des thématiques à développer avec des motifs, des effets texturés et des couleurs. Sur des bandes, dans les mêmes teintes et coloris, elle crée un univers. « Cela permet de présenter les possibilités aux clients et, à moi, d’expérimenter et de donner forme à mes idées. »

Une succession d’étapes

Dans la technique qu’elle emploie, se succèdent de nombreuses étapes permettant de manier les registres graphiques. Peinture d’une première couche, utilisation de pochoirs pour l’application de réserve ensuite et enfin passage en étuve pour la fixation des colorants de synthèse (les pigments, eux, ne bougeant pas).

Du travail à façon

Elle travaille comme une artiste peintre, à la demande du client : pour choisir une échelle, une gamme de couleur, le placement des motifs, les répétitions…. Plus que du travail sur-mesure, c’est vraiment du travail à façon.

Des usages divers

Selon leur qualité, les textiles vont s’apprêter à des usages différents, avec des tailles elles aussi variables. Le travail de Laure Bénard, assez léger et transparent, se prête bien à la création de stores, rideaux, claustras… Les toiles plus épaisses peuvent servir à l’ameublement de sièges, de transats ou de têtes de lit. En mobilier, elle crée aussi des abat-jours et réfléchit à fabriquer des paravents décoratifs, avec un ferronnier ou un ébéniste.

De Paris au Japon

Artiste peintre dans l’âme depuis toute petite, Laure Bénard a suivi un parcours atypique. Il commence de façon classique avec des études dans les arts appliqués et les métiers d’art, en broderie notamment. Elle remporte ensuite la Bourse de la Mairie de Paris, grâce à laquelle elle passe un an chez Ysabel de Maisonneuve, une artiste plasticienne textile qui travaille la teinture. C’est là qu’elle commence « à intervenir directement avec la couleur sur le tissu pour le transformer », se rappelle-t-elle.

Puis il y a le Japon… « Cette expérience m’a donné envie d’en savoir plus sur la teinture et j’ai voulu la découvrir au Japon, explique-t-elle. Ce pays m’attirait et un précédent séjour là-bas m’avait déjà donné l’envie de travailler le textile. »

Une véritable inspiration

De cette formation au Pays du Soleil Levant, elle puise autant de techniques ancestrales que d’inspirations pour créer ses motifs. Elle apprend pendant deux ans le « kyo-tegaki yuuzen », dans un atelier traditionnel de peinture de kimonos à Kyoto et approche de nombreux autres corps d’artisans. « Cela m’a ouvert le regard à plein de choses ! »

Atelier et signature

Dans son propre atelier ouvert en 2017, ses créations sont ainsi d’inspirations très variées. Sa signature ? « J’aime tout ce qui est graphique, mais surtout jouer avec la transparence des tissus et la variation des lumières. »

Un calendrier chargé

Laure Bénard est candidate au Concours Ateliers d’Art de France 2018, pour représenter l’Occitanie. Elle a présenté en février une teinture au pastel. Elle prépare également une œuvre originale, dans le cadre du Prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main, à remettre en mai. Les lauréats de ces deux concours prestigieux seront connus à l’automne.

La créatrice planche en parallèle sur un nouveau projet : le travail du cuir. Là, pas de teinture, mais de la broderie. « J’ai développé une technique qui s’hybride avec de la vannerie détournée », annonce-t-elle. À découvrir fin 2018.

www.laurebenardtextiles.com

Photos : Lydie Lecarpentier

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