Une rénovation surprenante

Dans cette maison située en pleine campagne au Nord-Est de Toulouse, l’ancien chai est devenu la pièce de vie.

L’effet de surprise est total. Quand on passe le portail de cette maison et admire sa façade – en briques et galets restaurés –, on ne devine pas ce qu’elle cache. On ne s’attend pas à découvrir l’arrière de maison devenu l’espace à vivre, invisible depuis la route. Un projet de rénovation de la maître d’œuvre Katia Paludetto qui a coordonné l’ensemble des travaux.

Tout l’espace utilisé

Aucun agrandissement n’a été réalisé dans ce projet que les propriétaires ont confié à la coordinatrice de travaux Katia Paludetto. En revanche, les lieux ont été entièrement rénovés pour utiliser tout l’espace, comme le souhaitaient Léna et Pierre. « Nous n’avons pas touché à la structure de la maison mais nous avons tout modifié à l’intérieur et à l’extérieur. La pièce à vivre a été créée dans le chai et la maison d’origine est devenue la partie nuit. Les extérieurs ont aussi été réaménagés autour de cette nouvelle partie jour. » C’est ainsi qu’une terrasse et sa piscine sont bien cachées derrière l’habitation. Un véritable petit havre de paix, bordé par les champs de tournesol et agrémenté par la paysagiste Mon jardin s’appelle reviens.

La terrasse déroule de larges carreaux de 45×90, de couleur grise, rappelant celle du liner de la piscine maçonnée sur-mesure (9×4 m). Cette touche contemporaine a été choisie pour contrebalancer le côté ancien de la façade restaurée.

Un chai devenu la pièce à vivre

Sur un terrain de 2 500 m2, la construction date de la fin du XIXe mais les traces du chai – dédié à la vinification – remontent au XVIIe siècle. C’est lui qui a concentré le gros des travaux. Il a été déplafonné à 5 mètres, laissant apparaître les poutres tenant la structure, restaurées et peintes en blanc. Aux 160 m2 du corps de maison d’origine se sont ainsi ajoutés 90 m2, pour donner une surface habitable très confortable de 250 m2.

L’escalier, une œuvre d’art

Dès le palier, les carreaux de ciments vous guident vers cette nouvelle pièce. En haut de l’escalier, la vue surplombe ce vaste espace. Aux murs, le blanc domine. Seul un mur de briques et de galets a été conservé, rappelant la façade extérieure. Depuis une petite porte qu’il abrite, on accède à la cave, située au-dessous de la maison.


En bas de sept petites marches, se trouve à gauche la cuisine, la salle à manger à droite, en face le salon avec un coin musique et au-dessus, une mezzanine-bureau-bibliothèque. On y accède par un somptueux escalier en fer fabriqué sur-mesure par le ferronnier d’art Alain Borderie de Montastruc-la-Conseillère.
Cet escalier hélicoïdal se dresse majestueusement dans la pièce à vivre. À lui seul, il donne le ton de la déco souhaitée par les propriétaires. « Je voulais un escalier avec un limon central très épuré, précise Léna, quelque chose d’aérien mais en même temps de confortable, pour être utilisé tous les jours. C’est réussi : c’est une véritable œuvre d’art ! »
En haut, le plateau de la mezzanine, d’une surface de 20 m2, permet soit de travailler sur un petit bureau style années 50, soit de bouquiner au calme. Avec vue sur toute l’espace.

La cuisine noire

Le sol de l’ancien chai est pavé de grands carreaux de 60×60 gris anthracite. L’espace dédié à la cuisine ouverte, sur 17 m2, est délimité par des carreaux de ciments blanc et gris, avec un ilôt central en bois massif (aussi présent sur le plan de travail). De couleur noire, qui tranche sur le mur blanc, la cuisine est dotée de nombreux rangements. « Mais il n’y en a jamais assez, s’exclame Louise, car je chine la vaisselle, le cristal, l’argenterie… » Du très haut plafond, pendent deux immenses lampes noires, provenant d’une vieille usine Mazda.
Pour recevoir ses convives, la famille s’installe en face, dans la salle à manger pourvue d’une table de ferme restaurée, avec ses six chaises et ses deux fauteuils Eames, tout en blanc. La déclinaison de tons noir et blanc est en effet présente un peu partout dans la maison.

Vue sur les champs

Une baie vitrée blanche à galandage, d’une largeur de 2,5 mètres, offre une superbe vue sur les champs de tournesol, plein Est. Côté Ouest, le soleil se faufile par les trois petites fenêtres de la cuisine, ainsi que par les trois velux rajoutés tout en haut du plafond.
Pour pouvoir chauffer un tel espace, l’étude thermique a été confiée à la société IMPC de Montastruc-la-Conseillère, qui a conseillé un chauffage au sol, au vu du volume.

Une accumulation d’objets chinés

Entre contemporain et ancien, le coeur des propriétaires balance. « Toute la maison est décorée dans cet esprit », détaille Katia Paludetto, qui apporte aussi à ses clients des conseils en termes de déco et d’agencement. Ils adorent chiner. Ici, une trompette ramenée de New York, là des vinyles et des boîtes passés entre les mains de l’artiste pochoiriste Eugène Barricade basé à Uzès. Dans la salle à manger, un lustre à pampilles avec ses 27 chandelles trouvé chez un antiquaire palois. Contre un mur, un meuble de pharmacie restauré par l’artisan d’art Philippe Cabanac. Pas loin, un tiroir à archives en fer, installé à côté d’une suiveuse de théâtre. Au salon, trône une lampe Pipistrello. Des masques vénitiens ornent la chambre parentale, un téléphone des années 40 décore l’entrée… Le design est ici essentiellement inspiré des années 50-60.

La maison dédiée à la nuit

Retour dans l’entrée justement, pour découvrir l’ancienne maison principale. Avec ses deux étages, cette partie dédiée à la nuit s’étend sur 160 m2. Au rez-de-chaussée, les deux pièces ont changé de destination. À gauche, la cuisine a été transformée en bureau. À droite, le salon-salle à manger est devenu la chambre d’amis, avec salle d’eau intégrée. L’environnement y est doux, apaisant.
Pour cette « chambre de bienvenue », Léna a choisi des tons bleu et vert d’eau. On y trouve une énorme malle en cuir, un miroir sur la cheminée en briquettes toulousaines et des volets en bois qui font office de paravent décoratif.

Une suite pour les parents

L’escalier d’origine, en bois, a été restauré, poncé et huilé pour lui redonner sa couleur naturelle et garder son esprit ancien. Il mène au premier étage qui accueille la suite parentale, sur 45 m2. Au sol, le parquet aussi est d’époque. « Nous avons cassé les cloisons, détaille Katia Paludetto. Deux petites chambres en enfilade ont laissé place à une seule grande, derrière laquelle court un vaste dressing. La pièce bénéficie ainsi de la luminosité des trois fenêtres, une située à l’Est et les deux autres plein Sud. »
Le noir et le blanc tiennent encore la corde, avec d’imposants rideaux rayés. C’est le royaume des livres, des habits et des bijoux… sur la cheminée, sur la coiffeuse d’époque XIXe et dans une malle convertie en coffre à bijoux géant.

Esprit boudoir

Attenante, la salle de bain a été refaite dans un esprit boudoir. Baignoire sur pieds à pates de lion repeinte en blanc, wc anglais récupérés et carreaux de métro posés au mur. « Ils donnent une touche contemporaine, pour contraster avec l’effet boudoir très féminin », ajoute Léna.

Le dernier étage pour les enfants

Le second étage est consacré aux enfants. Sur 40 m2, les deux jeunes garçons de la maison disposent d’une chambre chacun, d’une salle d’eau commune et d’une pièce consacrée aux jeux et au travail scolaire. Avec des notes de bois et de blanc, cet espace aménagé sous les combles, avec des sous-pentes, a été entièrement repensé autour d’une poutre centrale. Le tirant qui soutient toute la structure de la maison est en effet caché à l’intérieur.

 

Photos : Mélanie Moncassin

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