Une maison au milieu des arbres

Une réalisation signée par l’architecte toulousaine Sandrine Galant Romanetti de l’agence Zia Architecture.

Cette maison aux lignes modernes, construite en 2012 à Tournefeuille, s’étend sur 230 m2, avec cinq chambres à l’étage. 

Une histoire de volumes et de hauteurs

Un des principes fondateurs de ce projet était de conserver les cinq arbres imposants (deux pins et trois gros chênes) déjà situés sur le terrain de 1 200 m2. La construction se fond ainsi dans le paysage. Petite touche supplémentaire, un bardage en bois est positionné sur certains endroits de la façade. « Pour pouvoir conserver et admirer les arbres depuis toutes les pièces de la maison, le projet s’articule autour d’un axe passant au milieu des arbres », précise l’architecte. « Cet axe est matérialisé par un volume en double hauteur ayant une vocation de circulation centrale, les volumes abritant les pièces à vivre viennent s’y imbriquer tout en respectant l’implantation des arbres. » 

Axes et circulation 

À l’étage, deux volumes sont connectés par une passerelle légère aux gardes corps vitrés qui traverse la circulation centrale, l’un dédié aux parents et l’autre aux enfants. Ce dernier se trouve en porte-à-faux sur celui dévolu à la cuisine et à la salle à manger au rez-de-chaussée. Il vient protéger du soleil la baie vitrée à galandage de la cuisine, tout en abritant la terrasse. 

Depuis l’extérieur, le volume de l’étage, avec sa face habillée de bardage bois et cerné de casquettes en béton brut, donne l’impression qu’il est simplement posé sur les volumes du rez-de-chaussée.

Une architecture bioclimatique

Entièrement exposée au Sud, pour profiter de l’apport solaire en hiver, cette maison respecte les principes de l’architecture bioclimatique. En été, porte-à-faux, casquettes en béton et brise-soleil orientables (de chez Griesser) protègent les ouvertures de l’ensoleillement. Des ouvertures en bandeau sur la façade nord permettent une ventilation naturelle nocturne en été, complétée par le choix d’une VMC double flux. 

Des arbres très utiles

La maison a aussi été labellisée BBC. Une étude thermique dynamique (plus poussée que celle qui est obligatoire) a permis de constater que les arbres agissent comme une réelle

protection contre l’ensoleillement et la surchauffe en été. « Être dans un écrin de verdure a un véritable intérêt sur le plan thermique », appuie l’architecte. 

Une cuisine presque à l’extérieur

Autre prouesse technique : la maison a été réalisée avec la volonté de libérer certains angles des poteaux, afin de créer des ouvertures dans ces angles. C’est ainsi que des poutres de 90 cm de haut, remontant jusque dans le plancher de l’étage, ont permis la création de l’ouverture de la cuisine, malgré l’étage qui se trouve en porte-à-faux au dessus. Depuis la cuisine, ouverte vers l’extérieur grâce aux deux grands ouvrants de la baie vitrée à galandage, l’avancée propose une vue plongeante et permet de manger « dedans/dehors ». 

Du blanc, du gris et des touches de couleurs

Dans cette maison très claire, des tons de blanc et de gris règnent en maître. Au sol, le carrelage gris est hypnotisant : les grands carreaux de chez GranitiFiandre imitent le béton balayé. Quelques murs colorés (de la gamme Domaterra) contrastent dans certaines pièces : un orange « braise » dans la cuisine, un rouge « brique » dans la salle télé, du tulipe rouge dans la chambre parentale, un jaune lumineux dans la chambre du plus jeune… 

Les propriétaires ont choisi des matériaux nobles comme le chêne (avec les portes en chêne massif de Proboporte par exemple) ou d’autres plus intemporels comme la pierre d’ardoise dans la salle de bain parentale. Le mobilier oscille lui aussi entre gris, blanc et matières naturelles : tables et meubles Habitat, canapé Roche Bobois, luminaires provenant de chez Floss, Artemide et Globe, les tabourets intemporels About Stool de chez Hay dans la cuisine, des fauteuils en bambou… « Nous avons beaucoup joué sur le chêne pour contraster avec les menuiseries en alu plus froides, précise la propriétaire, en apportant aussi d’autres touches chaudes avec le parquet, des tapis vifs, les murs colorés… »

Une entrée bleue

Dans l’entrée, c’est donc un grand meuble bleu outre-mer qui se dresse. Cet ensemble menuisé a deux fonctions : il fait office de garde-corps et de rangement. « Ce gros cube tout en hauteur a été imaginé pour que le grand volume de l’entrée soit structuré avec un élément fort », détaille l’architecte.

En haut de cet escalier – en chêne lui aussi, tout comme le parquet de l’étage –, un panorama végétal s’offre à la vue : le regard fuit vers l’extérieur à travers les fenêtres positionnées tout en longueur. Du côté des chambres des enfants s’étend une longue coursive, avec vue sur un grand pin. 

Un vaste espace de vie

Au rez-de-chaussée, l’originalité réside dans l’aménagement des pièces. La fluidité de circulation s’impose : tous les espaces à vivre peuvent communiquer ou être complétement privatifs grâce à des portes coulissantes à galandage. Le salon est la pièce centrale. Pas de télévision dans cette pièce à vivre – puisqu’on la retrouve dans le coin télé plutôt destiné aux enfants – mais plutôt une belle cheminée Stuv noire. Son grand habillage cache sur le côté des niches abritant des éclairages et quelques éléments de déco. La salle à manger se trouve deux marches plus bas, entourée de trois baies vitrées qui s’ouvrent sur le jardin, avec la vue sur un des trois chênes… et sur la piscine. 

Cette dernière, réalisée par la société Portelli et entourée de sa terrasse en bois, n’a pas été construite trop près de la maison, ni en plein milieu du terrain, pour conserver un espace de pelouse conséquent et pouvoir profiter du jardin (qui peut ainsi se transformer en terrain de sport). Une maison décidément construite pour y vivre dedans comme dehors.

Photos : Laurent Barranco

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