Un air du Japon, à quelques kilomètres de Toulouse

Passionnés depuis toujours par le pays du soleil levant et sa culture, les propriétaires souhaitaient au départ faire construire leur maison de plain pied en s’inspirant de l’architecture japonaise.

 De leur rencontre avec l’architecte DLPG Alain Baïlo est née une réelle complicité qui a facilité le projet en ce sens.

© A. Alric / DFED
© A. Alric / DFED

Une maison de plain pied…

En contradiction avec le choix d’un terrain en pente, les maîtres d’ouvrage souhaitaient édifier une maison de plain-pied, sans différence de niveau dans sa partie habitable, et dont les espaces intérieurs permettent de jouir pleinement du jardin et des vues lointaines sur le paysage. Le principe retenu a consisté à orienter les pièces habitables au Sud-Est, exposition privilégiée pour la qualité de son ensoleillement et la richesse des vues qu’elle offre tout en préservant l’intimité des espaces intérieurs.

Pour limiter les terrassements et restituer en fin de travaux le terrain au plus proche de son relief initial, le niveau de référence du sol intérieur est celui de la courbe de niveau qui divise la maison dans sa partie médiane. En partie amont, le volume bâti est donc enchâssé dans le terrain : il accueille la cave, l’atelier et le cellier, et est coiffé par l’abri voitures. La partie aval abrite le volume des chambres et du bureau, émergeant progressivement du sol. Au centre se trouve le volume du séjour donnant accès de plain-pied au jardin, via une terrasse en ipé qui se prolonge en coursive devant les chambres et se termine par quelques marches descendant au jardin de pierres. Chaque partie est couverte à des hauteurs différentes, descendant en escalier suivant la pente du terrain.

© A. Alric / DFED
© A. Alric / DFED

… orientée vers la nature

La construction s’adosse à un épais mur courbe maçonné, percé seulement de quelques fines ouvertures, et auquel plusieurs fonctions sont dévolues : bloquer le terrassement, protéger des intempéries, assurer l’appui et le contreventement de la charpente et des parois à ossature bois, assurer en complément du plancher béton l’inertie thermique, et protéger des regards voisins l’intimité des espaces intérieurs. À l’opposé de cette masse bâtie, les murs de façades donnant sur le milieu naturel sont construites en ossature bois revêtue de cèdre. Ces parois sont généreusement percées, jusqu’à s’effacer totalement afin que le jardin et le paysage lointain se confondent avec les espaces intérieurs. Le bardage et les planchers extérieurs sont laissés bruts pour permettre à la matière d’exprimer son potentiel, en évoluant lentement vers son aspect définitif. Autre particularité des constructions japonaises, les gouttières ont été remplacées par des chaînes de pluie composées de maillons qui permettent d’observer l’eau s’écouler des toits et remplacent les descentes de gouttières traditionnelles.

Le jardin japonais

Le travail des espaces verts a été confié à l’entreprise Mayet Parcs & Jardins à Muret. Là encore, la complicité entre les propriétaires et les équipes de professionnels a été évidente. L’idée principale étant de réaliser, dans la lignée de l’architecture de la maison, un jardin japonais où chaque végétal a sa place et son importance, un jardin qui puisse évoluer dans le temps avec une pièce d’eau, un grand bassin d’agrément doté d’une végétation abondante, de carpes japonaises et d’une circulation d’eau en cascade. Le bassin devait par ailleurs donner la possibilité de se baigner.

Pour répondre à ce cahier des charges, l’entreprise Mayet Parcs & Jardins a proposé un compromis entre baignade et esthétisme avec un grand bassin naturel de baignade. Avec son partenaire Aquatiss, elle a donc imaginé une piscine avec une lagune sur tous les côtés avec une forte présence de galets de Garonne, une descente dans le bassin avec des marches en dalle de gré et des contres marches en cailloux figées avec de la résine.

Un débordement a également été créé avec ces mêmes dalles pour faire un rappel, où l’eau file en cascade jusqu’à un second bassin, un skimmer naturel qui sert de bassin à Carpes. Le local technique a été implanté sous la terrasse, sans interférence paysagère.

Jardin japonais réalisé par la société Mayet Parcs et Jardins à Muret. © A. Alric / DFED

L’abolition des frontières dedans dehors

À l’inverse de notre culture qui s’est attachée à souligner les fins et les débuts, la culture japonaise recherche, autant que faire se peut, des transitions, des continuités, des associations. Cette technique de l’effacement est particulièrement élaborée dans le rapport entre intérieur et extérieur dans l’espace des temples. Ainsi, les grandes avancées de toit s’emparent d’un large espace extérieur, et dans un élan inverse, le jardin entre à son tour dans la maison. Le séjour est la pièce des contradictions : une partie doit offrir des profondeurs d’ombres protégées, une autre, s’ouvrir sans limites à l’association avec le monde extérieur. Le but étant de créer une continuité sans rupture du sol entre dedans et dehors. Ici, le salon offre à la fois un espace qui protège l’intimité des habitants et une vue panoramique sur le jardin japonais grâce aux larges baies vitrées.

Côté cuisine, l’ensemble des appareils électroménagers a été rassemblé contre le mur. Dans le prolongement, les points d’eau et le plan de travail reprennent la forme d’un « U » pour optimiser l’ergonomie de la cuisine tout en créant une séparation avec le salon. Au sol, les carreaux anthracite permettent de créer l’harmonie dans cet espace à vivre. Ils contrastent avec la charpente en bois qui apporte chaleur et cachet à la pièce.

© A. Alric / DFED
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