Upcycling : vers un design éthique

Durable
Slow Concept

L’upcycling questionne sur notre manière de consommer au quotidien. À Toulouse, une boutique baptisée Slow Concept en a fait sa spécialité.Recycler, c’est récupérer un déchet pour le traiter et en faire à nouveau de la matière. L’upcycling apporte une dimension plus artisanale et créative. Il s’agit de transformer un objet en le détournant de sa fonction première et en lui apportant de la valeur ajoutée. Convaincue par cette philosophie, Audrey Teran a ouvert en mai 2014 Slow Concept, une boutique de créateurs parti- sans de l’upcycling.

Une boutique en toute transparence

La boutique propose une grande variété d’objets : bijoux, cosmétiques, décoration et arts de la table. Des produits transparents, au niveau de leur provenance comme de leur composition, « même si chaque pièce a été revalorisée, de telle sorte que l’on ne devine pas instantanément l’origine ni le vécu de la matière », précise Audrey Teran. L’intérêt est de toucher des personnes à la recherche d’objets design et pas obligatoirement sensibles au recyclage.

« Chaque objet est ludique, utile et attire l’attention de part son vécu insoupçonnable », ajoute Audrey Teran. Les fauteuils qui trônent dans la boutique sont revêtus de tissus provenant d’anciens stocks d’usines. Les créateurs qu’elle déniche les récupèrent directement auprès de fournisseurs.

Emilie Hulot

Créateurs investis et objets originaux

Le concept store compte une quarantaine de créateurs, dont une dizaine sont toulousains. Audrey Teran les rencontre grâce au bouche-à-oreille ou en se rendant sur de petits marchés. Au départ, certains créateurs qu’elle a sollicités ne pratiquaient pas l’upcycling. Elle leur a alors conseillé des alter- natives écolo pour se lancer.

Des lampes de chevet « boîte de conserve » sont disposées près du comptoir où Audrey Teran emballe les trouvailles de ses clients dans du papier cadeau recyclé lui aussi. Des bijoux de créateurs sont exposés sur un vieux meuble en bois brut.

Événements et ateliers

En quelques années, une véritable communauté s’est créée autour de la boutique et des événements organisés par Audrey Teran. Accompagnée de professionnels, elle propose des ateliers bien-être et déco- ration. Lors de ces moments privilégiés, elle livre des secrets de grand-mère oubliés et plus respectueux de l’environnement.

Audrey Teran aimerait tendre davantage vers la tendance « zéro déchet », en proposant de récupérer des vieux meubles. Pour l’instant, ces sauveurs d’objets design sont réorientés directement vers les créateurs.

www.slowconcept.fr

Instagram : @slowconcept

Emilie Hulot

ALEXANDRE NICOLAS : invitation au dialogue

Connu pour ses inclusions en cristal de synthèse représentant des fœtus, il intrigue, divise et/ou rassemble. Ces réactions sont les raisons-mêmes de son art. Rencontre avec Alexandre Nicolas dans son atelier toulousain.

Stéphane Giner

Être artiste, est-ce un métier ou un mode de vie ?

Pour être un artiste qui sort du lot, l’art doit être nourri. Ce n’est pas un métier, c’est un mode de vie. Nous sommes tous des éponges qui absorbons l’extérieur, des émotions, des frustrations, des erreurs. L’artiste se doit de composer avec l’ensemble de ces éléments car faire de l’art quand tout va bien, ce n’est pas de l’art.

Pourquoi avez-vous choisi la sculpture ?

La dimension sculpture génère un rapport physique avec la matière et c’est ce rapport sensible à l’émotion qui me plaît. La sculpture est le résultat d’un ensemble culturel et émotionnel qui nous appartient.

Quel type de sculpture travaillez-vous ?

Je fais de la sculpture en résine d’inclusion, des pièces en bronze, mais aussi de la sculpture sur glace. L’aspect éphémère de ce type d’œuvre me plaît beaucoup.

Vous sortez beaucoup de pièces ?

J’en sors entre 50 et 60 par an, mais j’aimerais pouvoir en réaliser davantage. J’ai fait une série sur Les Prédestinés, un hommage aux grands artistes, de la porcelaine sur les vanités, sur les poules de luxe et plus récemment une série sur les esclaves.

Que souhaitez-vous transmettre à travers cet art ?

Je crée toujours dans une optique de partage, je suis en attente de questions et de réactions. Chacune de mes pièces a un contrepoids. La raison-même de mon travail de création, c’est cet instant où la personne en face va se questionner, éprouver une émotion, provoquer un dialogue.

Alexandre Nicolas

Vous avez déjà fait face à des réactions négatives ?

Bien sûr, et j’adore ça ! Lorsque j’ai présenté un Adolf-fœtus dans ma série Les Prédestinés, les personnes ont été choquées. Car ce sont des générations qui ont connu la guerre.

D’ailleurs, quelle était votre démarche lors de sa création ?

Il s’agissait d’humaniser l’inhumain, de lui donner cette possibilité d’exister. Hitler était destiné à être un monstre, car nous avons tous un Mister Hyde en nous qui se révèle plus ou moins. Or, ce monstre en question a vraiment existé. Et ce qui compte le plus pour contrer cette réalité, c’est d’éduquer.

Vous communiquez à travers vos œuvres ?

Mon média à moi pour communiquer, c’est l’acrylique. Avec ça, je peux dénoncer des choses et échanger. Je suis libre de m’ex- primer grâce à mon instinct. En maîtrisant les codes de l’art et de la sculpture, je sais créer un décalage qui sera intentionnel mais dont je ne connais pas le résultat. Cela s’appelle la sérendipité.

Quelles sont vos influences ?

J’ai évolué dans un environnement artistique. Les années 70, c’est la musique funk, le disco. Puis sont arrivées les musiques expérimentale et électronique. J’ai été influencé par le rock’n’roll et le punk. Pas seulement par la musique, mais aussi par leur manière d’appréhender le système.

Et les mythologies ?

Évidemment, j’y suis très sensible. J’interprète souvent les mythes grecs et égyptiens dans mes œuvres. Mais pas seulement ! Pour moi, cela comprend aussi les super-héros de bandes dessinées et de la science-fiction qui sont une transcription moderne de la mythologie.

Une œuvre préférée ?

La dernière. J’ai travaillé sur l’obscurantisme à la suite de l’attentat contre Charlie Hebdo. J’ai collaboré avec le brodeur de luxe toulousain Nicolas Messina sur une vraie burqa d’Afghanistan. Nous avons sublimé un objet de soumission dans le but de provoquer un dialogue. Cette femme est-elle vraiment esclave de sa condition religieuse ou est-ce une forme de théâtralisation de sa situation, un déguisement ?

À l’image d’Amish Kapoor, une œuvre gigantesque exposée dans un lieu public vous fait rêver ?


J’aime beaucoup cette référence. Pour moi, ce n’est pas la taille qui va provoquer la discussion. L’important, c’est d’avoir un propos. Sans propos, il n’y a pas de sculpture. Si le visiteur éprouve un senti- ment bizarre face à l’une de mes œuvres, c’est que le pari est réussi.

Des nouveautés en 2018 ?

J’ai exposé dernièrement à la foire d’art contemporain Art Up ! à Lille et à Yverdon-les-Bains en Suisse avec la série Dark Vador. Une grande exposition de ma série sur les luminaires m’attend à Anvers au mois de mai. Je serai également à Bruxelles, en Israël et à New York.

Alexandre Nicolas

Biographie

Alexandre Nicolas, artiste plasticien, est né à Toulouse en 1970.
Il vit à Toulouse et travaille entre Paris, Limoges et la Ville rose.
Ce sculpteur punk est issu d’une formation de designer industriel, qu’il a suivi après avoir fait des études aux Beaux-Arts.
Son œuvre phare ? Les inclusions en cristal de synthèse qui semblent suspendre le temps…


 


Au sol, les pierres naturelles ont la cote

Matières

En 2018, la pierre naturelle fait son grand retour sur nos sols. Ses propriétés de dureté et de résistance sont incomparables. Zoom.

Porcelanosa – Ardoise

À la fois élément de construction et de décoration, la pierre naturelle est utilisée depuis la nuit des temps dans nos intérieurs. Elle est appréciée pour ses défauts qui apportent de l’authenticité et un aspect déco unique à chaque pièce. Aucun espace, du séjour à la salle de bain, n’y échappe.

Le marbre, chic idée

Blanc, noir, gris ou crème, le marbre est devenu un must dans nos intérieurs. Ce symbole de luxe est principalement utilisé pour la cuisine et la salle de bain. Ces deux pièces nécessitent des sols résistants au temps, ce que leur offre ce matériau noble.

Attention, cette pierre naturelle ne se marie pas avec n’importe quelle décoration ! Le blanc s’accorde parfaitement à du mobilier aux tons naturels. Si vous souhaitez faire ressortir la couleur crème de votre sol en marbre, ajoutez des pointes de noir sur les portes par exemple. Mais le mieux reste d’assortir votre sol en marbre noir avec des déclinaisons de blanc. N’hésitez pas à engager un professionnel pour l’installation de ce revêtement de sol. Cela vous garantira une pose parfaite et un rendu réussi.

Porcelanosa – Marbre

L’ardoise pour un sol texturé

L’ardoise a des aspérités de gris, de noir, de vert mais aussi de rose qui lui apportent un côté tendance. Ce sol au fini lustré peut être travaillé sous différents aspects de coupe pour lui donner une pointe d’originalité. Initialement employée pour la couverture des toitures, l’ardoise produit son petit effet au sol d’une belle véranda ou dans de grandes pièces.

Ce parterre luxueux s’harmonise avec des touches de bois dans votre intérieur. Quant à son entretien, les recettes de grand-mère à base de bicarbonate de soude vous seront d’une grande utilité pour venir à bout des tâches les plus tenaces.

Granier Diffusion – Ardoise

La pierre calcaire, un matériau chaleureux

La pierre calcaire n’est plus seulement un bon choix pour votre extérieur, mais aussi pour votre intérieur. Discrète et élégante, cette pierre naturelle lui donne un caractère unique. Ses teintes claires permettent une harmonie des pièces de votre maison. Tambourinée, flammée ou brossée, elle reste tout aussi agréable au toucher. Cette note de douceur fait ressortir votre mobilier. Son plus : la pierre calcaire est adaptée au chauffage au sol. Sa conductivité thermique élevée est compatible avec la chaleur. Elle la conserve durablement et permet une diffusion lente sur l’ensemble de la surface. Quoi d’autre ? Ce sol peut s’imperméabiliser pour une tenue garantie au fil des années.

Occitanie Pierres – Pierre calcaire

Maline, la pierre reconstituée en béton

Originale et personnalisable, la pierre reconstituée en béton, commercialisée par exemple chez le fabricant Rouvière, offre un large choix de couleurs et d’aspects. Cette pierre artificielle a de nombreux avantages : elle est robuste, antidérapante, mais pas seulement. Elle permet aussi un entretien facile et rapide. En outre, ce type de sol se pose simplement grâce à la légèreté de sa composition. Côté décoration d’intérieur, elle s’intègre parfaite- ment dans un univers contemporain.

Rouvière – Pierre reconstituée en béton

Le travertin pour les grands espaces

Le travertin confère quant à lui une ambiance méditerranéenne à votre intérieur. Posée en dalles de grand format, cette pierre donne un effet de profondeur très agréable à l’œil. Son aspect irrégulier et très naturel convient tout à fait aux salles de bain. Sa palette de couleurs varie du jaune clair au rose pâle. Ces teintes illuminent la pièce, surtout lorsqu’elles sont assorties à des murs et des plafonds blancs. Côté matière, le bois peint et le travertin offrent des notes cosy pour un duo de choc.

Barthe – Travertin

Un appartement familial sublimé

Situé en plein cœur du centre historique de Toulouse, cet appartement familial datant du XIXe siècle a subi une modernisation complète. Emmanuelle Cagnasso et Sandrine Cabirol, de l’Agence Piùbelli, sont à l’origine de ces transformations.

En 2017, lorsque ses parents décident de déménager après avoir vécu 45 ans dans cet appartement, Lucie choisit de l’acheter avec son mari Laurent. Le logement se compose alors d’un espace de vie au deuxième étage et de combles au troisième. Aucun accès direct n’existait à l’intérieur de l’espace de vie au début des travaux. L’appartement de 200 m2, situé à quelques pas du Capitole, n’a rien perdu du cachet de l’ancien. C’est ce charme que souhaitaient absolument conserver les nouveaux propriétaires. Les travaux, réalisés avec l’accompagnement de l’agence Piùbelli, ont duré six mois, jusqu’à ce que Lucie et sa petite famille posent leurs valises en décembre dernier.

Entre restauration et modernisation

Tout de suite, Lucie et Laurent expriment la volonté de préserver l’esprit bourgeois de la vieille bâtisse afin de ne pas dénaturer le charme d’antan. Ils réalisent un mélange des genres pour apporter de la modernité au cocon familial. Le mix & match de styles détonant met en valeur les lignes anciennes de chaque pièce dans lesquelles on devine une vie antérieure chargée d’histoire.

Les cheminées d’époque et les moulures cohabitent avec une décoration moderne à l’image des nouveaux propriétaires. La rosace au plafond du salon a retrouvé sa première jeunesse et une seconde a été ajoutée dans la salle à manger, pour répondre à la première. Par son caractère contemporain, l’immense pièce de vie sublime les lieux. Quant aux fenêtres en PVC, elles ont été rem- placées par des pièces en bois, identiques aux modèles d’origine.

Harmonisation des sols

L’étage principal a subi quelques décloisonnements mais n’a pas connu de grandes modifications au niveau de la répartition des pièces. L’espace de vie – dont les murs sont tombés –, dispose de sols disparates datant de la construction de l’immeuble. On se retrouve tout d’abord face à un séjour accueillant. L’espace consacré au salon s’ouvre sur un parquet cossu posé en bâton rompu. On imagine que les réceptions se faisaient à l’époque dans cette partie de l’appartement, où le charme bourgeois est très présent.

La pièce se poursuit avec la salle à manger dont le sol est recouvert du même parquet posé à l’anglaise. C’est à cet instant que se dévoile une verrière magistrale séparant visuellement la cuisine de l’espace dînatoire. Au sol, le parquet en pitchpin témoigne d’une pièce qui accueillait auparavant le personnel de maison. Ses reflets rouges dépareillent avec le reste de la pièce de vie. Après avoir lustré, poncé et vitrifié les trois surfaces, les sols ont été unifiés et leur couleur éclaircie. Un changement qui apporte de la chaleur et de la sérénité à cet intérieur.

Une coupure naturelle de la pièce de vie

Lucie cuisine beaucoup et aime recevoir. Pour concilier cela, le couple a fait poser une verrière réalisée par l’artisan Jean-Luc Naud. C’est une véritable séparation naturelle entre la cuisine et la salle à manger. De cette façon, Lucie profite de ses invités lors des réceptions. Ce vitrage de grande dimension laisse passer la lumière et per- met une meilleure circulation entre la cuisine et la salle à manger.

Cette pièce déco de caractère permet de cloisonner et structurer l’espace tout en conservant la luminosité de la pièce. Elle favorise également l’économie d’énergie et crée deux zones distinctes ayant chacune leur propre fonction. Atout déco ultime de cette verrière : son adaptation instantanée à tous les styles. On le remarque plus particulièrement dans le mélange industriel et bourgeois créé par les propriétaires.

Une harmonie de couleurs enveloppantes

Au départ, les murs de l’appartement étaient destinés à être blancs et les portes noires. Finalement, cette idée a laissé place à une harmonie d’un bleu-vert profond. Un parti-pris coloré suggéré et mis en œuvre par l’Agence Piùbelli qui s’est finalement révélé être une évidence pour Lucie et Laurent. Même vide, il n’a pas fallu longtemps aux propriétaires pour se sentir chez eux dans cet appartement. Le nuancier de bleu et de vert habille les pièces comme si les meubles étaient déjà présents. Les portes, les placards encastrés et l’escalier central n’y échappent pas. Ce travail de décoration apporte une ambiance à la fois cosy, enveloppante et élégante à tout l’étage.

Chacune des pièces comporte l’une des teintes de la palette. La bibliothèque pétrole du salon-détente s’impose sur le mur du fond et donne du caractère à la pièce. Les étagères intégrées de la pièce à vivre trônent dans la salle à manger comme de grands buffets sur-mesure réchauffant l’espace. Côté salle de bain, ce sont les carreaux de ciment de chez Zelij qui décorent la pièce de teintes océaniques et rafraîchissantes. Enfin, la chambre parentale s’ouvre sur une tête de lit bleu canard fonctionnelle et magistrale.

Un escalier central comme pièce maîtresse

Impossible de ne pas s’arrêter sur le majestueux escalier de l’appartement, inexistant il y a encore quelques mois. Il relie l’étage comprenant l’espace de vie à la partie dédiée aux enfants, et se positionne comme la pièce maîtresse du cocon familial. Ici, l’ancien a été imité pour donner du cachet et répondre aux autres éléments d’époque de l’appartement, tels que les cheminées et les moulures.

L’escalier est en chêne. Le pilier central a été chiné et des manchons en laiton vieilli ont été ajoutés pour conserver le charme de l’ancien. Visible depuis l’ensemble de la pièce de vie, il est situé dans un couloir traversant et lumineux. Une porte en verre a été ajoutée au bout du couloir afin qu’il puisse desservir la cuisine sans obstruer la lumière naturelle qui en émane.

L’étage des enfants

En haut, le troisième étage a subi de grandes transformations. Les anciens combles (achetés après quelques années par les parents de Lucie) abritent désormais les deux chambres des enfants. Sur cet étage qui leur est entièrement consacré, on trouve également un palier faisant office de salle de jeu. Plus contemporain, chaque espace est aménagé sur-mesure afin d’exploiter tous les combles.

L’aventure de la décoration intérieure n’est pas terminée : rapide- ment la salle à manger devrait accueillir de nouvelles chaises, le sublime plan de travail aspect marbre attend des assises neuves et le salon devrait s’habiller d’un beau tapis.

Photos : Agence Piùbelli


Le noble métier de Laure Bénard

Pour devenir « ennoblisseur textile », elle a suivi un parcours atypique
– entre Paris et le Pays du Soleil Levant – avant d’exercer ce métier très rare, dans le Sud-Ouest.

« En France, on appelle mon métier peintre décorateur sur tissu, moi je préfère parler d’ennoblisseur textile », pose Laure Bénard, qui a installé son atelier en région toulousaine en 2017. On en recense moins d’une dizaine dans le pays. L’ennoblissement textile est tout acte qui va transformer la matière. Plusieurs spécificités existent : la teinture (coloration), la broderie ou le traitement de surface (sérigraphie…). « Il ne s’agit pas de création de tissu mais d’intervention pour le transformer », résume la créatrice, qui a choisi de travailler la teinture appliquée au pinceau.

Des matières naturelles

Elle se fournit en tissu en France et pour sa teinture, elle emploie « des colorants de synthèse (avec un principe de base de couleurs primaires qu’elle mélange pour créer ses propres nuanciers, NDLR) ou bien des pigments naturels (des terres, des ocres, des oxydes) qui donnent la coloration ».

Des effets texturés

Laure Bénard ne crée pas de « collection » mais plutôt des échantillons qui définissent des pistes de travail, des thématiques à développer avec des motifs, des effets texturés et des couleurs. Sur des bandes, dans les mêmes teintes et coloris, elle crée un univers. « Cela permet de présenter les possibilités aux clients et, à moi, d’expérimenter et de donner forme à mes idées. »

Une succession d’étapes

Dans la technique qu’elle emploie, se succèdent de nombreuses étapes permettant de manier les registres graphiques. Peinture d’une première couche, utilisation de pochoirs pour l’application de réserve ensuite et enfin passage en étuve pour la fixation des colorants de synthèse (les pigments, eux, ne bougeant pas).

Du travail à façon

Elle travaille comme une artiste peintre, à la demande du client : pour choisir une échelle, une gamme de couleur, le placement des motifs, les répétitions…. Plus que du travail sur-mesure, c’est vraiment du travail à façon.

Des usages divers

Selon leur qualité, les textiles vont s’apprêter à des usages différents, avec des tailles elles aussi variables. Le travail de Laure Bénard, assez léger et transparent, se prête bien à la création de stores, rideaux, claustras… Les toiles plus épaisses peuvent servir à l’ameublement de sièges, de transats ou de têtes de lit. En mobilier, elle crée aussi des abat-jours et réfléchit à fabriquer des paravents décoratifs, avec un ferronnier ou un ébéniste.

De Paris au Japon

Artiste peintre dans l’âme depuis toute petite, Laure Bénard a suivi un parcours atypique. Il commence de façon classique avec des études dans les arts appliqués et les métiers d’art, en broderie notamment. Elle remporte ensuite la Bourse de la Mairie de Paris, grâce à laquelle elle passe un an chez Ysabel de Maisonneuve, une artiste plasticienne textile qui travaille la teinture. C’est là qu’elle commence « à intervenir directement avec la couleur sur le tissu pour le transformer », se rappelle-t-elle.

Puis il y a le Japon… « Cette expérience m’a donné envie d’en savoir plus sur la teinture et j’ai voulu la découvrir au Japon, explique-t-elle. Ce pays m’attirait et un précédent séjour là-bas m’avait déjà donné l’envie de travailler le textile. »

Une véritable inspiration

De cette formation au Pays du Soleil Levant, elle puise autant de techniques ancestrales que d’inspirations pour créer ses motifs. Elle apprend pendant deux ans le « kyo-tegaki yuuzen », dans un atelier traditionnel de peinture de kimonos à Kyoto et approche de nombreux autres corps d’artisans. « Cela m’a ouvert le regard à plein de choses ! »

Atelier et signature

Dans son propre atelier ouvert en 2017, ses créations sont ainsi d’inspirations très variées. Sa signature ? « J’aime tout ce qui est graphique, mais surtout jouer avec la transparence des tissus et la variation des lumières. »

Un calendrier chargé

Laure Bénard est candidate au Concours Ateliers d’Art de France 2018, pour représenter l’Occitanie. Elle a présenté en février une teinture au pastel. Elle prépare également une œuvre originale, dans le cadre du Prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main, à remettre en mai. Les lauréats de ces deux concours prestigieux seront connus à l’automne.

La créatrice planche en parallèle sur un nouveau projet : le travail du cuir. Là, pas de teinture, mais de la broderie. « J’ai développé une technique qui s’hybride avec de la vannerie détournée », annonce-t-elle. À découvrir fin 2018.

www.laurebenardtextiles.com

Photos : Lydie Lecarpentier


Piscines et spas : les nouvelles tendances

Extérieur

À l’approche des beaux jours, la chaleur grimpe et avec elle l’envie de se rafraichir dans une piscine ou dans un spa.

Aquarêve

Si vous êtes l’heureux propriétaire d’un jardin, vous songez peut- être à y installer une piscine où il fera bon se prélasser lors des fortes chaleurs de l’été. Les bassins sont un espace de détente et de loisir, mais la question du design reste cruciale. Petit tour d’horizon des nouvelles tendances qui marqueront la saison.

Les 10 nouvelles tendances en matière de piscine

  • Un miroir qui affleure l’horizon

Très en vogue, la piscine miroir évoque le luxe et l’apparat. Semblable à une piscine à débordement, elle fonctionne grâce à un système d’écoulement. À fleur de terrasse, l’eau déborde délicatement de chaque côté du bassin avant d’être récupérée par des goulottes pour être filtrée. L’eau et le sol se confondent, et le paysage se reflète dans le bassin créant une troublante illusion. Avec ce système ingénieux, les skimmers n’ont plus aucune utilité. La sur- face de l’eau reste toujours propre grâce à un écoulement continu.

Benoît Gendron
  • L’appel des profondeurs

Une piscine à fond noir, ou gris anthracite, trouve sa place dans un environnement luxuriant, riche en plantes exotiques. Un liner foncé donne une impression de profondeur à la piscine, tout en lui apportant des reflets brillants. Le noir est une couleur à la fois élégante et intimiste, pour un résultat épuré, tout en sobriété. Il atténue la transparence de l’eau et la transforme en une surface nacrée. À la nuit tombée, les couleurs sombres offrent un effet miroir éblouissant. Le ciel étoilé et la végétation s’y reflètent, pour un spectacle en perpétuel mouvement. À noter que le noir absorbe les rayons du soleil, ce qui permet de gagner en température.

Diffazur
  • Un air de vacances

La pierre est un matériau de choix pour une piscine d’exception. Marbre, quartz, granit ou pierre de lave, les possibilités sont nombreuses. Récemment, une pierre peu ordinaire a fait son apparition. Il s’agit de la Green Bali, inspirée de la pierre verte de Java. Une fois immergée, elle se pare de nuances profondes de bleu, de vert jade et de turquoise. La surface de l’eau arbore quant à elle des reflets métalliques et scintillants. Ce dallage en pierre naturelle rappelle celui des piscines d’Indonésie et nous plonge dans un voyage au cœur de l’Asie.

Labège Piscines
  • Un écrin de verdure

S’offrir une piscine naturelle ne signifie pas pour autant renoncer au design et à l’esthétique. Bien au contraire. Très tendance, les piscines écologiques rivalisent aujourd’hui de créativité et de beauté. Véritables écosystèmes naturels, elles prennent place au sein d’une végétation luxuriante. Une bordure végétale, de sable, de gravier ou de galets, est indispensable pour que la piscine s’intègre parfaitement dans son environnement.

Diffazur
  • Lignes graphiques et élancées

Longiligne, le couloir de nage est à la fois moderne et épuré. Ses lignes élancées et sa forme rectangulaire en font une piscine design. Profilée pour les adeptes des longueurs quotidiennes, cette piscine tout en finesse ne leur est cependant plus réservée. Elle trouve toute sa place au sein d’une architecture contemporaine, et joue la carte du haut de gamme avec un revêtement en béton ciré et une maçonnerie traditionnelle. Un couloir de nage souligne les perspectives et joue avec l’architecture de votre mai- son, tout en délimitant deux espaces distincts dans votre jardin.

Nicole Group SA
  • De nouvelles perspectives

Indémodable, la piscine à débordement reste toujours aussi spectaculaire. On aime voir l’eau s’écouler le long de la paroi, et entendre ce bruit apaisant. Une piscine à débordement est idéale lorsque l’on bénéficie d’une vue imprenable. Située face à la mer ou à un lac, la piscine ne semble faire qu’un avec cette large étendue d’eau. Le débordement offre une perspective exceptionnelle sur l’environnement. C’est un atout charme idéal pour apporter une plus-value à votre piscine.

  • Elégance et transparence

Dès son apparition, la piscine vitrée connaît un succès fulgurant. Toute en transparence, une piscine vitrée donne l’illusion d’exister par elle-même, sans aucune paroi pour empêcher l’eau de s’écouler. Elle offre des reflets et des scintillements uniques, qui suivent la course du soleil et mettent en valeur la lumière artificielle dès la tombée de la nuit. C’est une piscine éblouissante et luxueuse. Les parois vitrées sont réservées aux bassins hors sol ou semi- enterrés. Il est également possible de jouer avec les niveaux pour allier piscine à débordement et vitrée.

Piscine à débordement par Atoll Piscines
  • De petites citadines

Une piscine urbaine est une piscine compacte sur-mesure. De petite taille, elle est parfaitement adaptée aux univers citadins. De forme carrée, ou légèrement rectangulaire, elle marque la tendance. On l’aime en béton armé monobloc, pour un résultat design qui apporte du cachet aux petits espaces extérieurs. Qui dit piscine urbaine dit aussi piscine suréquipée. Escalier d’angle, banquette immergée, pompe à chaleur et système de nage à contre-courant, ces petites citadines ne souffrent d’aucun interdit.

  • La chaleur du bois

Le retour à la nature ne concerne pas seulement l’intérieur de nos maisons. Le bois séduit également les nouveaux acquéreurs de piscine qui aiment son esthétique et sa chaleur. Située dans un milieu arboré, la piscine en bois se confond avec son environnement. Dans un univers citadin, elle rompt avec la monotonie du béton et apporte un charme certain au jardin. Facile à travailler, le bois offre de multiples possibilités. Il convient aussi bien à une piscine hors sol que semi-enterrée.

Emmanuel Berthod
  • Moduler la profondeur au gré de ses envies

Ce nouveau système offre de nombreux avantages. Il n’est désormais plus nécessaire de s’interroger sur la profondeur idéale d’une piscine. Un boîtier de commande permet d’actionner le fond afin de moduler la profondeur du bassin. Piscine traditionnelle, pataugeoire ou terrasse, le plancher mobile transforme votre espace extérieur en quelques secondes. La plateforme permet ainsi de dissimuler la piscine et de profiter de cet espace vacant pour y installer des transats ou une table de jardin. Ce système innovant offre également un gage de sécurité, car lorsque le plancher est remonté, tout danger disparaît. Pour un résultat du meilleur effet, il est essentiel d’assortir le fond mobile à la terrasse qui borde la piscine. Dans le même esprit, la terrasse mobile permet de sécuriser la piscine et de profiter d’un espace agrandi l’hiver.

Boisgontier

Le spa se réinvente en cinq tendances

  • Spa de nage

Parfait compromis entre la piscine et le spa, il permet de se baigner toute l’année. Sa longueur peut varier entre quatre et dix mètres. Autre avantage, non négligeable, le spa de nage offre de nombreuses options telles que les zones d’hydromassage et différents jets de nage à contre-courant. Il existe deux catégories de spa de nage. Le spa de nage mono bassin, et le spa de nage double bassin, ou bizone, qui distingue la zone de nage de celle réservée à l’hydromassage. La température de l’eau peut également se régler de manière différenciée. Avec un revêtement en bois, il s’intègre parfaitement dans un espace moderne et citadin.

  • Spa à débordement

Les spas à débordement allient aspect pratique et esthétique. Un bac tampon récupère l’eau qui déborde, avant de la réinjecter dans le spa lorsque c’est nécessaire. Le niveau de l’eau reste ainsi le même, quel que soit le nombre de personnes présentes dans le bassin. D’un point de vue purement esthétique, un spa à débordement se veut luxueux et apporte du cachet à une terrasse ou à un espace de bien-être. Les formes arrondies ont laissé place aux lignes épurées pour un résultat résolument design.

Teuco
  • Spa semi-enterré

Les spas semi-enterrés misent sur la discrétion et l’élégance. Leur coque est dissimulée afin de les rendre moins imposants, comme le modèle Seaside 640 de chez Teuco, designé par Giovanna Talocci. Cet îlot de bien-être s’intègre parfaitement au centre d’une terrasse. Ses rebords offrent un espace confortable où s’étendre avant de se laisser glisser au milieu des bulles.

  • Abri de spa automatisé

L’abri de spa automatisé Covana, commercialisé chez Aquilus, offre plusieurs avantages. D’un point de vue esthétique, il transforme votre spa en une cabane aquatique, préservant votre intimité grâce à des rideaux amovibles, disponibles en option. L’éclairage led vous permet également d’en profiter à la nuit tombée. Une fois fermé, le toit étanche réduit considérablement les coûts de chauffage du spa, grâce à sa valeur d’isolation. Il protège aussi le spa de l’usure du temps, des intempéries et des rayons ultra- violets. Depuis début 2018, Aquilus propose également de mêler art et piscine en incorporant aux projets de ses clients des sculptures en acier et Corten uniques. À la fois magistrales et sobres, ces œuvres des artistes Benoît et Mathias Souverbie apportent une touche extrêmement artistique et contemporaine aux piscines.

Aquilus
  • Salon aquatique

À la croisée des mondes de la piscine, du spa et du mobilier, se trouve le salon aquatique Ur’bain. Confort et convivialité se rejoignent dans ce modèle design qui réinvente l’univers du spa. L’alliance du bois exotique, de l’acier inoxydable, et de la transparence d’une paroi vitrée, en fait un objet résolument tendance. La hauteur des rebords en inox de l’aqualounge offre la possibilité de s’y accouder, comme on le ferait sur le comptoir en zinc de notre bar de quartier. Des millions de bulles fines s’échappent aux deux extrémités du bassin, pour un spa qui offre une expérience sans égale.

Ur’bain

Zoom sur la piscine connectée

Si la domotique est déjà très présente dans nos maisons,
on la retrouve désormais du côté des piscines et des spas.
Gain de temps et d’énergie, elle offre plusieurs avantages.
•

  • Déléguer les tâches d’entretien et de gestion de la température à un système intelligent et connecté.
  • Piloter le système d’entretien depuis son smartphone 
ou sa tablette. 

  • Contrôler l’environnement global de sa piscine, dans le but 
de l’améliorer ou de l’adapter à ses besoins. 


Plusieurs start-up proposent des objets connectés, comme Asamgo et son Objet Flottant Intelligent (OFI) qui mesure
en continu les propriétés de l’eau. Ces informations sont retransmises en temps réel sur le smartphone du propriétaire.
La domotique s’attaque également à la sécurité, comme Nextpool avec No Stress. Il s’agit de bracelets connectés destinés aux enfants, reliés au smartphone d’un adulte. No Stress prévient d’une immersion, d’une exposition prolongée aux UV, ou encore d’un éloignement. 
À noter que de nouveaux procédés de traitement font leur apparition, comme le concept Piscine Bio 3.0 de BioPoolTech. Il allie un système de filtration bio innovant à une technologie de pilotage moderne. 



 


Une décoration végétale
 à la verticale

Durable

Habiller les murs de verdure, une idée tendance à décliner de multiples façons.

Mayet

Pour parer aux jungles de béton, la végétalisation verticale fait sensation. La nature s’invite sur nos balcons et à l’intérieur de nos maisons. Un choix décoratif à la fois pratique et esthétique.

Le treillage pour un effet graphique

Quoi de mieux pour accrocher le regard que de suspendre des plantes grimpantes à un joli treillis en bois ? Simple et économique, c’est une solution toute trouvée pour reverdir un pan de mur. S’il a longtemps été réservé aux espaces extérieurs, le treillage s’invite désormais dans les pièces à vivre. En forme de diamant, d’hexagone ou de nid d’abeilles, comme Anno de chez Compagnie, il apporte une touche d’originalité grâce à un résultat très graphique. Lierre, jasmin ou encore pothos, plusieurs plantes se prêtent à l’exercice du treillis. Si le bois est une évidence en matière de tuteur mural, la corde effet macramé est à considérer. Un treillis en métal fait quant à lui la part belle au style industriel.

Fleurir chaque pan de mur

Si vos meubles manquent de place pour accueillir de jolis bouquets, aucune inquiétude car les pots s’accrochent désormais sur les murs. Très simples à fixer, ils apportent sans conteste une note de fantaisie comme les pots colorés de chez Vertilt. Dans la cuisine, optez pour des herbes aromatiques qui parfumeront vos plats, mais aussi l’air de votre maison. Dans la chambre ou le salon, amusez-vous à composer un herbier mural avec des fleurs fraîches ou séchées. Délicatement disposées dans de petits vases transparents fixés au mur, elles se révèlent à la fois élégantes et poétiques.

Une œuvre d’art et de nature

Les tableaux végétaux égayent la décoration et lui insufflent un vent de fraîcheur. Ces cadres de verdure exposent le vivant comme une œuvre d’art. Des fleurs multicolores pour une explosion de couleurs, ou des succulentes pour une élégante sobriété, les cadres végétaux offrent de multiples possibilités. Ils nécessitent cependant une attention toute particulière pour s’épanouir dans le temps. Réservez-les aux pièces ensoleillées pour permettre aux plantes de se développer. Un arrosage régulier s’impose, de même qu’une taille harmonieuse lorsque les plantes s’aventurent hors du cadre.

Un jardin vertical

Installés le long d’une façade, les murs végétaux comme ceux des Jardins de Babylone limitent l’érosion. À l’intérieur des logements, ils absorbent les bruits et réduisent la sécheresse de l’air, tout en libérant de l’oxygène et procurant un peu de fraîcheur en été. De nombreuses variétés de plantes peuvent y prendre place, qu’il s’agisse de plantes rampantes comme l’anthurium et le guzmania, résistantes comme le lierre, odorantes comme les plantes aromatiques, ou alors classiques et indémodables comme le philodendron et le bégonia. Des fraisiers peuvent aussi s’épanouir sur un balcon ensoleillé, afin de vous régaler tout l’été. Les murs végétaux vivants nécessitent un minimum de lumière et d’entretien, contrairement aux murs végétaux stabilisés. Une solution alternative si votre intérieur ne bénéficie pas d’une luminosité suffisante, ou si le temps vous manque pour prendre soin des plantes qui ornent les murs.

Jardins de Babylone

Trophées de la déco : le Président du jury enfin dévoilé !

Événement

Le designer internationalement reconnu Christian Ghion, présidera le jury de la première édition des Trophées de la Déco by De Fil en Déco. Rendez-vous est pris pour le 28 juin 2018.

Chamourat

On vous l’avait promis, ils auront bien lieu ! Les premiers Trophées de la Déco by De Fil en Déco couronneront le 28 juin six gagnants : architectes, artisans, artistes, commerçants… Cinq briques seront remises : Brique de l’habitat, Brique de la pièce à vivre, Brique de la cuisine/salle de bain, Brique de l’extérieur, Brique de la piscine. Sans oublier : le Coup de cœur Développement durable de la Région Occitanie.

Un président prestigieux

Afin d’asseoir la valeur des trophées, il nous fallait un jury indiscutable. Nous pouvons déjà annoncer qu’à sa tête se trouvera l’un des designers les plus marquants et éclectiques de sa génération. Christian Ghion nous fait en effet l’amitié de présider le jury des Trophées de la Déco by De Fil en Déco.

L’homme est inclassable. Il réfute d’ailleurs tout style « Ghion ». « Mon style, c’est de ne pas avoir de style. Contrairement à certains, je ne veux pas m’enfermer dans un catalogue de formes, dans la répétition », confirme le designer. Il suffit d’ailleurs de se pencher sur ses réalisations pour s’en convaincre : flacons de parfums pour Dior ou Lanvin, scénographies d’expos, notamment à la Fondation Cartier, aménagement de boutiques pour Chantal Thomas ou encore Jean-Charles de Castelbajac, créations pour des éditeurs de renoms tels que Cappellini, Driade, Daum… Depuis quatre ans, il assure aussi la direction artistique des Forges de Laguiole.

Un talent reconnu

Lauréat du Grand Prix de la Création de la Ville de Paris, Chevalier des Arts et des Lettres, Christian Ghion s’est vu remettre de nombreux prix et distinctions tout au long de sa carrière débutée dans les années 80. Il a notamment obtenu le prestigieux Red Dot Design Award en 2010 pour un « radiateur œuvre d’art » réalisé en Corian et édité chez Runtal.

Pas question pour autant de s’endormir sur ses lauriers. L’homme, l’artiste, le designer mène de front de nombreux projets. En janvier 2018, il présentait ainsi une collection de vases et de coupes chez Daum. Peu après, lors du dernier salon Maison & Objet de Paris, c’était au tour d’une calculette, en collaboration avec Lexon. D’autres éléments de bureaux devraient suivre.

Après trois ans de travail, il a également présenté en début d’an- née un prototype de salle de bain Plug&Play, réalisée en Corian, avec son partenaire Créa Diffusion.

Des projets en pagaille

À venir. Deux collections de mobilier urbain sont en cours de création avec le spécialiste du secteur, Tolerie Forézienne. Fin juin 2018, c’est une collection de verres de table pour la cristallerie La Rochère qui doit voir le jour. Des fauteuils et tables basses, déclinés d’un bureau de ministre en fibre de carbone commandé en 2009 par le Mobilier National, seront quant à eux bientôt installés dans le Pavillon d’honneur d’Orly. N’en jetons plus. Vous l’aurez compris, c’est un homme d’exception qui présidera le jury.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les candidatures aux Trophées sont encore ouvertes. Professionnels du monde de l’architecture, du design et de la déco, envoyez vos dossiers à toulouse@defilendeco.com

Crédits photos : Dior et Daum


Une terrasse en bois pour profiter des beaux jours

À l’approche de l’été, vous pourriez bien être pris par l’envie d’aménager une terrasse. Voici ce qu’il faut savoir avant de se lancer.

Ad2design

Quoi de mieux qu’une terrasse pour profiter des premiers rayons de soleil ? Cependant, un revêtement de sol ne se choisit pas à la légère. Matières et systèmes de pose, plusieurs alternatives s’offrent à vous. Petit tour d’horizon des différentes options.

Lames de bois ou caillebotis ?

Jugées plus élégantes, les lames de terrasse s’avèrent aussi plus complexes à poser. Leur dimension permet néanmoins de couvrir de larges surfaces. Pour un rendu uniforme, limitez les découpes et les raccords. Si vous préférez miser sur une déco décalée, optez à l’inverse pour des lames de différentes dimensions.

Aussi facile à installer qu’à retirer, le caillebotis est tout indiqué si vous êtes locataire et que vous souhaitez aménager une terrasse sans entreprendre de gros travaux. Les dalles carrées sont faciles à emboîter grâce à un système de clips. Petites terrasses ou grands balcons, le caillebotis s’adapte parfaitement aux espaces réduits. La surélévation de la terrasse est moindre, sauf s’il est nécessaire de l’installer sur des lambourdes à cause d’un sol porteur meuble ou humide. Une bonne astuce pour préserver les dalles des affres du temps. À l’inverse des dalles striées, les surfaces lisses sont plus faciles à nettoyer, mais s’avèrent aussi plus glissantes.

Bois naturel ou composite ?

  • Bois naturel

On aime les matières naturelles pour leur authenticité. La tendance est aux bois exotiques qui affichent des teintes à la fois chaudes et élégantes : des reflets dorés avec le bois Itoba, cuivrés avec le Padouk, ou un joli brun clair et lumineux avec le Cumaru.

Beaucoup plus robustes que les bois résineux, ils s’avèrent aussi plus onéreux et nécessitent des produits d’entretien adaptés.

Du côté des bois européens, préférez les essences résistantes comme le chêne, le châtaigner, le douglas, le mélèze ou encore le robinier. Pour éviter d’avoir des échardes plein les pieds, optez pour des résineux thermo-modifiés (THT), également connus sous le nom de bois rectifiés. Ce traitement écologique offre plus de confort, mais aussi une meilleure résistance aux moisissures et aux insectes.

  • Composite

Les lames de terrasse en composite présentent plusieurs avantages. Elles ne nécessitent aucun entretien, ne se fendillent pas, ne sont pas glissantes une fois mouillées, et ne créent pas d’échardes. Elles sont néanmoins plus onéreuses que les lames de bois naturel. Le composite est un mélange de bois et de matière polymère recyclée. Teinté dans la masse, il crée l’illusion parfaite et se patine avec le temps. Préférez des lames pleines et du bois composite européen. Bien que plus chères que le composite à base de bambou ou de cosse de riz, les lames européennes ne risquent pas de se décolorer ou de présenter des échardes.

Lapeyre

 

 

 

Astuces

  • Les lames avec deux faces d’utilisation offrent la possibilité d’être retournées dès qu’elles sont détériorées. 


 

  • Moins chères, les lames de bois fines présentent cependant plus de risques de se déformer. 


 

  • Les lames de bois naturel se dilatent en largeur, de même
que celles en composite qui se dilatent également en longueur. Il faut donc prévoir un espace lors de la pose. 


 

  • Une terrasse en bois ne nécessite qu’un ou deux grands nettoyages par an, principalement après les saisons humides et à l’approche de l’été. 


 

 

 

 


Le menu d’hiver des chefs

Nos trois chefs vous ont concocté un « menu d’hiver ». Des recettes à reproduire et à déguster sans modération.

LE PLAT de Jérémy Morin, chef de L’Aparté (une étoile) à Montrabé

Merlu du Pays basque snacké, aïoli et bouillon corsé, pommes de terre et compotée de fenouil 

© Émilie Gentils
  1. Le merlu et son bouillon : 

2 kg de parures et arêtes de poissons – 3 tomates fraîches – ¼ de fenouil – 2 gros oignons – 1 poireau – 2 gousses d’ail – safran en pistils – 20 cl de vin blanc – eau – 1 feuille de laurier – thym frais

Faire préparer les pavés de merlu par votre poissonnier. Garder les arêtes. Ciselez tous les légumes grossièrement.

Dans un faitout, versez un bon filet d’huile d’olive, puis faites revenir les légumes tous ensemble, excepté les tomates.

Puis ajoutez : vos parures et vos arêtes de poissons, les tomates, les pistils de safran, le thym et le laurier.

Ajoutez un petit verre de vin blanc et mouillez à hauteur avec de l’eau.

Amenez à ébullition puis faites mijoter à feu doux pendant 30 mn.

Passez la soupe, puis faites-la réduire jusqu’à consistance voulue.

Éplucher les pommes de terre, les tailler en cylindres et les cuire dans la soupe de poisson.

 

  1. Compotée de fenouil : Émincer finement le fenouil, le faire revenir à l’huile d’olive, cuire à couvert jusqu’à ce qu’il soit fondant.

 

  1. Préparer la sauce aïoli : 1 jaune d’oeuf – 2 jaunes d’oeufs durs – 4 gousses d’ail moyennes – 1 pincée de pistils de safran infusés – 180 g de pulpe de pomme de terre – 20 cl d’huile d’olive – sel – 1 pincée de poivre de Cayenne.

Dans le bol d’un mortier, mettez la pulpe d’une pomme de terre cuite au four puis passée au tamis et réservée à température ambiante. Puis les gousses d’ail épluchées, débarrassées de leur germe et écrasées, les jaunes d’oeufs durs passés au tamis et le jaune cru, ainsi qu’1 pincée de sel, au pilon. Écrasez et travaillez tous les ingrédients.

Une fois le mélange bien homogène, versez petit à petit la moitié de l’huile d’olive au filet, sans cesser de travailler au pilon.

Ajoutez le safran et l’eau chaude d’infusion dans 3 c. à soupe d’eau bouillante tout en continuant à mélanger.

Continuez de verser l’huile, toujours en filet, en travaillant au pilon. Ajoutez le poivre de Cayenne et assaisonnez en sel.

 

  1. Cuire les pavés de merlu dans une poêle avec de l’huile d’olive.

 

  1. Dressage : Dans une assiette creuse, disposer la compotée de fenouil. Mettre autour les cylindres de pommes de terre et la sauce aïoli. Poser le merlu. Mettre la soupe en saucière, puis verser autour.

 


L’ENTRÉE de Christian Constant, chef du Bibent à Toulouse

 Tartare d’huîtres et de Saint-Jacques au Gingembre 

© Dominique Viet
  1. Ingrédients (pour 4 personnes) : 

– 12 huîtres 

– 8 noix de Saint-Jacques 

– 40 g de saumon en filet frais 

– 2 poignées de mesclun 

– 20 g de gingembre frais 

– 2 cuillerées à soupe de ciboulette 

– le jus d’un demi-citron jaune 

– le jus d’un demi citron vert 

– 3 cuillerées à soupe de vinaigrette 

– huile d’olive 

– sel et poivre du moulin 

 

  1. Recette : 

Ouvrez les huîtres, décoquillez-les et réservez-les dans leur jus au frais (gardez les coquilles). Nettoyez les noix de Saint-Jacques en ôtant les barbes, les viscères et les parties sablonneuses et rincez-les sous l’eau froide. 

Préparez le tartare : hachez grossièrement le saumon, les noix de Saint-Jacques et les huîtres. Mélangez le tout et réservez au frais. 

Ciselez la ciboulette, pelez et hachez le gingembre. 

Avant de servir, mélangez les jus de citron, la ciboulette ciselée et le gingembre au tartare. Assaisonnez de sel, de poivre et d’huile d’olive. 

Répartissez le tartare dans les coquilles d’huîtres. Accompagnez-les de mesclun assaisonné de vinaigrette.

 


LE DESSERT de Pierre Lambinon, chef du Py-r (une étoile) à Toulouse

Agrumes, infusion tagètes 

© Spatule Prod
  1. Agrumes : 

4 clémentines – 2 citrons (garder le jus pour le sorbet) – 4 kumquat – 200 g d’eau – 100 g de sucre

Récupérer les zestes des clémentines et des citrons et les blanchir 5 fois (porter à ébullition et tremper dans de l’eau froide).

Couper les clémentines en segments et conserver au frais.

Confire les kumquats entiers et les zestes blanchis dans l’eau et le sucre. Laisser à feu doux (sans ébullition) jusqu’à ce que les fruits deviennent translucides.

 

  1. Infusion tagètes : 

230 g d’eau – 60 g de sucre – 150 g d’huile d’olive – feuilles de tagètes

Porter à ébullition l’eau et le sucre. Faire infuser la moitié des feuilles de tagètes.

Porter l’huile d’olive à 190° C. Faire infuser le reste de tagètes.

Mélanger les deux préparations à froid.

 

  1. Sorbet citron : 250 g d’eau – 25 g de glucose – 110 g de sucre – 125 g de jus de citron

Faire bouillir le mélange d’eau, sucre et glucose.

Ajouter le jus de citron.

Passer en sorbetière ou Paco selon équipement disponible.

 

  1. Dressage :

Disposer les segments de clémentines et les zestes comme un jardin en fond d’assiette.

Ajouter l’infusion tagètes (4 cuillères à soupe).

Disposer au centre une quenelle du sorbet au citron.