Gérard Bogo monumental

Les sculptures monumentales du Toulousain Gérard Bogo se reconnaissent entre mille. Courbes folles, arêtes vives, couleurs éclatantes ou acier vieilli, un style à la fois poétique et ancré dans la matière.

 
École ou autodidacte ?

Un peu des deux. Je n’ai pas fait d’études artistiques proprement dites mais plutôt techniques. J’aurai bien voulu entrer aux Beaux Arts mais ma famille m’a poussé à l’époque à trouver un « vrai boulot ». J’ai donc choisi une alternative acceptable en m’orientant vers le dessin technique.

Votre parcours ?

Avec mon BTS électrotechnique et mécanique, j’ai d’abord travaillé pour des bureaux d’études puis j’ai pris la responsabilité d’une filiale du groupe Vinci, avant de revenir à mes premières amours. Ces 20 ans dans le dessin industriel me permettent aujourd’hui de rebondir quand je travaille sur de grands formats, des choses particulières pour lesquelles la technique l’emporte à certain moment sur l’esthétique.

Vous avez travaillé directement le métal ?

Non. J’ai commencé par la pierre pendant près de deux ans. La taille directe, au marteau et au burin. Mais j’ai rapidement été limité par le format des pierres disponibles et leur transport, moi qui voulait réaliser des grands, très grands formats. Sans parler du manque de couleurs. Quand je suis passé au métal, j’ai commencé par me tester sur des oeuvres de 70 cm avant de passer à 1m20 puis 1m80, le format parfait pour s’inscrire dans un appartement ou une maison. Ce n’est qu’après avoir vu la réaction du public que je me suis attaqué à des oeuvres plus grandes pour les entreprises et les collectivités.

Comment vous êtes vous fait connaître ?

Je n’ai participé à des salons artistiques que tardivement. J’ai commencé par présenter mes oeuvres dans des entreprises dont je connaissais les dirigeants et le bouche à oreille a fait le reste. J’ai par la suite créé en 2009 un lieu d’exposition place de la Daurade à Toulouse, Antares 4Bis. Au début, juste pour moi. Je pensais y dessiner et y préparer mes maquettes mais c’était dans les faits impossible, trop de passage, de bruit. J’ai invité quelques peintres dont le travail fait écho à mes sculptures comme Michel Pagnioux ou Roland Ferrari. Aujourd’hui, je me suis recentré sur mon travail. Je n’expose plus en dehors de la galerie Antares 4Bis, qui est désormais gérée par Martine et Serge Lachèvre, et j’ai pour l’instant arrêté les salons.

Comment concevez-vous une oeuvre ?

Il y a toujours une idée de départ, la danse par exemple, les animaux, le couple… Les femmes sont un fil rouge dans mes créations, c’est une source d’inspiration inépuisable. Après, je dessine : crayon et papier, à l’ancienne. Quand c’est abouti, je passe par la phase maquette en PVC avant de m’atteler au travail sur ordinateur pour préparer les découpes. Enfin, la réalisation a lieu dans l’entreprise d’un ami en banlieue toulousaine qui dispose des outils industriels nécessaires. 

Crédit photo : Remy gabalda

 
D’où vient votre inspiration ?

Les lignes viennent du dessin. L’inspiration, je la trouve dans la rue : une perspective, un angle, une attitude. Je note tout dans un carnet. En trois lignes, je dois pouvoir poser un point de départ. Je ne m’appuie sur aucun mouvement artistique. Mon idée c’est surtout de travailler sur mon propre ressenti, de ne pas aller chercher mon style chez les autres même si on s’en inspire toujours, quoi qu’on fasse.

Combien de temps pour créer une sculpture ?

C’est très variable. La conception est la partie la plus longue. D’autant que je travaille toujours sur différentes pièces en même temps. Elles se nourrissent les unes les autres par un détail, une courbe…

Quelle est l’oeuvre qui vous tient le plus à coeur ?

Celle placée à Compans Caffareli en décembre 2017. C’est la première dans ma ville, à deux pas de mon quartier, sur un emplacement très passant. L’inauguration a été un moment très fort.

Vous créez aussi souvent des trophées ?

C’est un exercice que j’aime beaucoup. La partie recherche d’idée d’une oeuvre est remplacée par les échanges avec le donneur d’ordre. C’est une approche différente qui m’inspire énormément. J’aime chercher comment faire passer le message d’un autre, lui donner une forme. Le premier c’était pour Vinci, puis les demandes d’entreprises se sont succédées, les Chevaliers du Fiel, Les sculptures monumentales du Toulousain Gérard Bogo se reconnaissent entre mille. Courbes folles, arêtes vives, couleurs éclatantes ou acier vieilli, un style à la fois poétique et ancré dans la matière. Rencontre avec l’artiste qui a accepté de créer les trophées des Trophées de la Déco 2019 ! des collectivités… Dans le même esprit, on me demande de plus en plus souvent des modèles réduits des grands formats que je crée pour les entreprises.

Quid de celui des Trophées de la Déco 2019 ?

Je garde le suspens. Trois indices : feuille, couleur et forme.

Une envie folle d’artiste ?

Oui, et je suis en train de la concrétiser. Je travaille sur quelque chose d’encore confidentiel qui sera une forme d’aboutissement personnel. Le public devrait en savoir plus fin 2019 ou début 2020.


Où le trouver ?
Galerie Antares 4bis
4Bis place de la Daurade – 31000 Toulouse
www.antares-galerie-4bis.fr


 

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